Bulletin climat-santé N°5 de Mai 2026

L’analyse croisée des taux d’attaques des maladies et des pa-ramètres climatiques au Togo de juin 2025 à mai 2026, révèle que les cycles saisonniers influencent la transmission des mala-dies climato-sensibles. Le paludisme présente une relation plus ou moins stable et prévisible avec la pluviométrie, montrant une augmentation régulière des cas après une pluie.

Cependant, l’ampleur du paludisme est modulée par des facteurs environnementaux externes, tels que l'insuffisance de l'assainissement urbain et rural, l'aménagement des bas-fonds cultivés qui favorisent la prolifération des micro-gîtes ; ainsi que des déterminants socio-comportementaux comme l'utilisation effective des moustiquaires imprégnées (MILDA) et la précocité du recours aux soins qui permettent de briser la chaine de transmission.

La relation entre pluviométrie et maladies diarrhéiques est complexe et non linéaire : les fortes pluies pouvant entrainer la contamination de l’eau par lessivage et ruissellement, mais les taux d’attaque les plus élevés apparaissent parfois en période sèche, quand la rareté d’eau pousse les populations à utiliser des sources non protégées concentrant des agents pathogènes.

Ce double risque est aggravé par des déficits structurels en infrastructures WASH, la défécation à l’air libre et des contraintes économiques limitant l’accès à une eau potable.

Concernant les IRAS, le nombre de cas ne varie pas de manière proportionnelle au degré d'humidité, mais semble être influencée par des changements brusques et aux conditions atmosphériques hétérogènes. L'analyse montre que des cas peuvent être enregistrés dans des contextes environnementaux opposés, comme la diminution de l'humidité dans la zone septentrionale ou la persistance d'une forte humidité dans la zone méridionale. L'air très sec et chargé de poussière irrite et fragilise les muqueuses respiratoires, constituant un facteur de risque, tandis qu'un air excessivement humide et chaud sature les voies aériennes et favorise la prolifération des allergènes et des agents pathogènes.

À ces facteurs climatiques s'ajoutent des risques extérieurs, tels que la pollution de l'air intérieur, l'exposition aux poussières, la promiscuité, les logements mal aérés, etc.