L’analyse conjointe des données sanitaires et des variables clima-tiques de mars 2025 à février 2026 met en évidence des relations différenciées entre les facteurs environnementaux et l’évolution de certaines maladies au Togo. En ce qui concerne le paludisme, une relation avec la pluviométrie apparaît. Les observations mon-trent que l’augmentation des précipitations est généralement sui-vie, avec un décalage d’environ un mois, d’une hausse du nombre de cas. Cette tendance est cohérente avec la dynamique de transmission de la maladie, dans la mesure où les pluies favori-sent la formation de gîtes larvaires et la prolifération des moustiques vecteurs, ce qui entraîne une augmentation de la transmission après une courte période.
En revanche, les maladies diarrhéiques révèlent une rela-tion peu évidente avec la pluviométrie. Les taux d’attaque observés varient fortement selon les périodes, sans lien direct avec les quantités de pluies. Des taux faibles ou nuls peuvent être enregistrés aussi bien pendant les pé-riodes de fortes pluies que durant les périodes de séche-resse, tandis que des taux très élevés peuvent apparaître lorsque les précipitations sont faibles.
Ces observations suggèrent que la dynamique de ces maladies ne dépend pas seulement du climat, mais aussi d’autres facteurs tels que : les conditions d’hygiène, l’accès à l’eau potable et l’assainis-sement. S’agissant des IRAS, les données indiquent également l’absence d’une relation directe et constante avec le taux d’humidité. Les fluctuations des cas observées au cours des différents mois ne suivent pas de manière régulière l’évolution de l’humidité de l’air. Cette situation laisse penser que la survenue de ces infections est influencée par plusieurs facteurs notamment les conditions de logement, la densité de population, la promiscuité, la qualité de l’air, les variations de température ou encore le cycle saisonnier de certains agents pathogènes.
En définitive, le paludisme a une relation plus nette avec les conditions climatiques, en particulier la pluviométrie, tandis que les maladies diarrhéiques et les infections respiratoires semblent résulter d’un ensemble plus com-plexe de déterminants environnementaux, sanitaires et sociaux.
Ces résultats soulignent l’importance de renforcer les stratégies de prévention à travers une approche inté-grée qui s’explique par la surveillance climatique, l’amé-lioration des infrastructures d’eau et d’assainissement, ainsi que le renforcement des mesures de santé pu-blique et de sensibilisation des populations.